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Posted in Feasts, Liturgical life

[FR] Le jubilé de Saint Vincent à Nazareth et Haïfa

saint-vincent-de-paulC’est avec une solennité particulière qu’a été célébrée ce lundi 27 septembre la fête de Saint Vincent à Nazareth ; les Filles de la Charité commémoraient en effet le 350e anniversaire de la mort de leurs fondateurs, Saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac.

Présidée par Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, Vicaire patriarcal latin pour Israël, la célébration rassemblait bien sûr les Filles de la Charité de Nazareth, avec leur supérieure Sœur Dorita, mais également celles d’autres communautés, notamment les sœurs de Haifa, portées, selon les mots de sa supérieure sœur Pascale, par le désir de vivre l’évènement jubilaire réunies à Nazareth, dans un esprit de soutien et de présence commune.

Parmi les prêtres venus co-célébrer, étaient présents le père Philippe Hourcade, des Pères de Bétharram, deux des Petits Frères de Charles de Foucauld, ainsi que le diacre Marc Hodara, de la Communauté du Chemin Neuf au ‘Centre international Marie de Nazareth’. L’assemblée était également représentative de toutes les congrégations religieuses de la zone, mais c’est surtout la présence de la population de Nazareth qui était sensible ; l’église ne suffisait pas à contenir les nombreuses personnes assistant à la messe, fruit manifeste de cette spiritualité de Saint Vincent qui pousse les Filles de la Charité à insuffler l’esprit de l’Evangile dans la société, descendant dans la rue à la rencontre de tous.

La lecture de l’Evangile rappelait la parole nourrissant l’attitude fondamentale de Saint Vincent à l’égard des plus petits : « Ce que vous faites aux plus petits de mes frères et sœurs, c’est à moi que vous le faites ». Commentant ce verset, l’évêque a tenté de mettre en lumière les caractéristiques distinctives de Saint Vincent dans son exercice de la charité évangélique : la charité ne vieillit jamais, la charité est inventive, la charité est coopérante. Il a enfin rapproché le beau mot d’ordre du jubilé vincentien, « Charité et Mission » (la charité étant la plus belle mission, et la mission le plus bel acte de charité pour tout homme), du titre du prochain Synode des Evêques pour le Moyen-Orient, « Communion et mission ».

Au moment des prières des fidèles, on n’a pas manqué de faire mémoire de ce jeune médecin de l’hôpital, Nizar Touma, emporté tragiquement avec sa femme et une parente dans un accident de la route.

La célébration s’est achevée par la lecture communautaire de la prière dédiée à Saint Vincent et Sainte Louise à l’occasion de cette année jubilaire, et par la distribution générale d’un dépliant présentant toute la famille vincentienne et toutes ses maisons en Terre Sainte. L’évêque, avant la bénédiction, exprima les plus vives félicitations et une sincère appréciation pour leur œuvre aux Sœurs de la Charité et à tout l’hôpital, au nom aussi de S.B. le Patriarche, et ne put s’empêcher d’inviter les fidèles à un acte d’admiration devant la merveilleuse fécondité de sainteté de l’Eglise qui vient de proclamer bienheureux le Card. H.Newman et la jeune focolarina Chiara Badano de 19 ans, et qui va bientôt proclamer bienheureuse une Fille de la Charité, Sr. Margherite Rutan, martyre en 1794. C’est finalement un grand buffet, préparé par Sœur Elisabeth avec l’aide de nombreuses habitantes de Nazareth, qui a clos les réjouissances dans une atmosphère de joie et de partage.

La famille des Filles de la Charité est présente en Terre Sainte depuis 1884, date à laquelle les premières sœurs arrivèrent à Bethléem pour essaimer vers Jérusalem, Nazareth, Haifa, Béthanie et Ein Karem. A Nazareth, la communauté de 6 membres a la charge de l’Hôpital Français, voué en particulier aux soins de la mère et de l’enfant, et dont l’excellence reconnue est mise au service de tous sans exclure les plus pauvres. Elle prépare l’ouverture d’une nouvelle section maternité dont la construction est déjà presque achevée. A Haïfa les 4 Filles de la Charité se consacrent au soin de personnes handicapées souffrant de graves atteintes neurologiques, et à un jardin d’enfants. Elles-mêmes de nationalités diverses, espagnoles, libanaises, françaises, palestiniennes, elles travaillent toutes en collaboration avec un personnel laïc de toutes confessions, et sont au service de tous les malades, sans distinction de richesse ni d’appartenance religieuse.

Toutes, pressées par la charité du Christ, elles s’efforcent de vivre dans l’esprit de leur fondateur qui, nous rappelle Sr. Elisabeth, nommait les pauvres « nos seigneurs et maîtres ». Sœur Dorita, supérieure de Nazareth, résume en une phrase cette pratique quotidienne de l’Evangile : sortir à la rencontre de tous, mais surtout des plus pauvres, et s’abaisser au niveau du plus humble. Au cœur de cette vie de service de la famille vincentienne, qui n’est pas une congrégation religieuse mais une société de laïcs apostoliques, les sœurs ont la vocation particulière d’être pour la société, selon l’expression de Sœur Pascale, des « âmes de prière ». « Vous êtes pour nous des signes », lui confient parfois les laïcs. C’est en effet cette présence de parole et de prière qui constitue l’ancrage de la charité de Saint Vincent de Paul.

Ce jour de fête, qui clôturait une année jubilaire intense, a été pour la famille vincentienne de Terre Sainte l’occasion d’une action de grâce au Seigneur, et d’un acte de mémoire à l’égard du patrimoine spirituel et institutionnel légué par leurs deux fondateurs et par les membres établis en Terre Sainte. La célébration de ce 27 septembre doit cependant être avant tout, selon les mots de sœur Pascale, le signe d’ « une grande espérance » pour l’avenir, celle que l’apostolat de Saint Vincent de Paul continue son œuvre avec des membres et des énergies renouvelés, au service d’une charité qui, comme se plaisait à le rappeler Mgr Marcuzzo dans son sermon, « ne vieillit jamais ».

Magali Baron
Nazareth, 29 sept.2010.



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